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christine-lanthier

Archéologie corporative

Bulletin Banque Royale

On n’a plus les conseils qu’on avait en matière de carrière. C’est du moins ce que je me suis dit en tombant sur ce bulletin de la Banque Royale daté d’octobre 1950. Quatre pages d’érudition bien tassée sur un sujet intemporel : comment critiquer et prendre la critique.

Il est touchant de voir qu’à l’époque, on réfléchissait sur le comportement humain pour améliorer l’ambiance de travail, bien avant que la psychologie industrielle ne devienne omniprésente.

Si le message (adressé à des hommes d’affaires) ressemble à ce qu’on peut retrouver dans d’innombrables articles sur la carrière des années 2010, le style et les références très collège classique contrastent avec la prose plus expéditive d’aujourd’hui.

Extraits :

«Personne n’échappe à la critique, et on y est d’autant plus exposé qu’on est plus en vue. Addison dit dans son essai sur la Censure que c’est folie d’essayer de s’y soustraire et preuve de faiblesse d’en souffrir. “Pour être heureux, vivons cachés” a dit La Fontaine.»

(…)

«D’aucuns disent qu’il est ridicule de critiquer l’ouvrage ou les actions des autres à moins d’avoir fait ses preuves soi-même. Théophile Gautier dit à un de ces censeurs : “Vous ne vous faites critique qu’après qu’il a été bien constaté que vous ne pouvez être auteur.”»

(…)

«Le critique idéal est donc au courant du sujet, il pèse le pour et le contre sans parti pris, il est capable de voir clairement la conséquence des faits, il ne craint pas de raviser son jugement, si cela est nécessaire, et il a le courage de ses convictions. Il ne dédaigne pas pour cela les conseils et il possède au plus haut degré le sentiment de la vérité.

«Le critique idéal épargne les sentiments d’autrui. La courtoisie est une qualité qui élève les hommes – même les critiques – au-dessus de la foule. »

(…)

«Celui qui accepte les critiques pour avoir une idée plus claire de sa conduite est exactement le contraire de celui qui soupçonne tout le monde de lui en vouloir. Ce dernier n’a qu’une idée : ramasser les pierres qu’on lui jette et les renvoyer; l’autre s’en sert pour bâtir sur des bases plus solides. »

Le texte complet :

De la critique

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