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Amour et affaires : quand tout s’écroule

L’entreprise que vous avez créée avec votre conjoint va bon train, mais votre couple pique du nez? En cas de séparation, mieux vaut avoir établi des règles concernant votre business!

Des couples qui refusent de signer des contrats pour définir les règles de leur nouvelle entreprise, André Menand en voit à la tonne. «Ils ne veulent pas penser à une rupture», explique ce conseiller senior de l’équipe Gestion Croissance de SAJE Montréal Métro, un organisme qui vient en aide aux jeunes entrepreneurs.

Assurer ses arrières

Or, M. Menand insiste : «Amoureux ou non, des partenaires d’affaires devraient toujours signer un contrat dans lequel sont mentionnées les tâches de chacun au sein de la compagnie, leur salaire, leur poids dans la prise de décision par rapport à leur investissement financier, ainsi que la marche à suivre advenant la cessation de partenariat. Comme ça, tout le monde est sur la même longueur d’onde et ça évite les conflits lors d’une séparation.»

Et c’est encore plus important lorsqu’il s’agit d’un couple, croit Nathaly Riverin vice-présidente au programme de recherche, vigie et développement à la Fondation de l’entrepreneurship. Pourquoi? «Parce qu’il y a l’aspect émotif qui entre en ligne de compte, dit-elle. Lors d’une rupture amoureuse, on est moins rationnel et c’est difficile de se raisonner. On peut prendre de mauvaises décisions qui pourraient mettre en péril la compagnie.»

Ainsi, mieux vaut s’entendre sur des stratégies de sortie. Par exemple, qui restera et qui quittera la compagnie? «S’il n’y a pas d’entente au préalable et que les deux veulent garder l’entreprise tout en mettant fin au partenariat, ça se terminera devant les tribunaux, qui risquent de liquider la compagnie. Au final, tout le monde perdra. C’est dommage si l’entreprise roule bien»,dit Reisa Teitelbaum, avocate en droit matrimonial chez Pollack, Kravitz & Teitelbaum.

Un couple, deux associés

Selon Me Teitelbaum, les couples en affaires ont tendance à se percevoir comme une seule entité, ce qui est néfaste. «Ce n’est pas parce que je m’implique dans la compagnie que je vais nécessairement avoir droit à quelque chose à la rupture, dit-elle. Je travaille pour l’entreprise et je n’ai jamais reçu de salaire à mon nom parce que je considérais que l’argent servait pour le couple, la maison et la famille? À la séparation, je risque d’avoir une mauvaise surprise. Si je ne suis pas officiellement un associé, je n’aurai droit à rien.»

Elle ajoute qu’il est important que les deux noms soient stipulés dans un contrat. «Et c’est valable autant pour les conjoints de fait que les couples mariés!» La morale de l’histoire? En affaire, l’amour n’existe pas!

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