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Alimentation : à quand de meilleurs salaires?

Les diplômés des programmes liés à l’alimentation ne manquent pas de travail. Les CFP constatent une demande soutenue des employeurs. Une hausse des salaires permettrait toutefois de mieux équilibrer l’offre et la demande.

À l’École hôtelière de la Capitale, à Québec, la demande ne ralentit pas. «Nos diplômés sont toujours très recherchés, signale Yolaine Carver, conseillère d’orientation. Depuis cinq ans, jamais un finissant n’est venu me voir pour me dire qu’il n’arrivait pas à se placer. La demande est particulièrement forte en boucherie de détail, en service de la restauration et en cuisine.»

En 2012, cet établissement a formé 35 diplômés en boucherie de détail qui ont tous obtenu une promesse d’emploi avant même la fin de leur formation. «J’aurais besoin de former deux groupes en plus, soit 44 diplômés, dans ce programme pour mieux répondre aux besoins des employeurs», dit Yolaine Carver.

Au CFP Jonquière, les 19 diplômés en boucherie de détail de 2012 ont aussi facilement trouvé du travail dans les supermarchés, abattoirs et boucheries de quartier de la région.

Cuisine en vedette

C’est en cuisine que la demande est la plus spectaculaire. Au CFP 24-Juin de Sherbrooke, le placement a été de 100 % pour les 22 diplômés de mai dernier dans ce programme. Même scénario au CFP Jonquière. «On forme 60 cuisiniers par année et le placement frôle 100 %, indique Martin Bédard, agent de liaison du Centre. On pourrait en former 40 ou 50 de plus par année pour répondre aux besoins, mais on n’a pas l’espace ni les ressources nécessaires.»

Les 146 diplômés de 2012 de l’École hôtelière de la Capitale ont également tous trouvé un emploi. «En juin 2012, je comptais encore 66 offres d’emploi sur nos babillards, sans candidat disponible, dit Yolaine Carver. Même les grandes tables n’arrivent pas à satisfaire à leurs besoins de cuisiniers.»

Appel aux employeurs

Les personnes interrogées dans les CFP estiment que le roulement du personnel explique la demande incessante de finissants. Même s’ils en forment beaucoup, la demande reste forte.

«Les diplômés ne persévèrent pas dans le milieu, déplore Yolaine Carver. L’accès à l’emploi est là, mais les salaires ne correspondent pas toujours aux attentes des élèves. Les horaires ne sont pas faciles non plus. Après cinq ans dans le métier, un jeune passionné de cuisine haut de gamme qui veut stabiliser son horaire doit se tourner vers le secteur institutionnel [hôpitaux, écoles, centres pour personnes âgées], un milieu qui propose un style de cuisine plus familiale.»

La conseillère d’orientation rappelle qu’une amélioration des conditions de travail, notamment en restauration, peut favoriser le maintien en emploi des diplômés. «Ce qui est bien, c’est que les employeurs privilégient de plus en plus une main-d’œuvre qualifiée. Des jeunes qui ont de l’expérience en cuisine viennent chercher leur diplôme chez nous parce que c’est valorisé.» Elle souhaite par contre que les restaurateurs trouvent la recette gagnante pour encourager les diplômés à persister!

D’autres diplômés fortement recherchés

La tournée 2012 des différents CFP a aussi permis de relever d’excellents taux de placement dans plusieurs autres programmes.

  • Secrétariat et comptabilité : Dans de nombreux établissements, les élèves n’ont pas fini leur programme qu’ils reçoivent déjà des offres d’emploi. Le taux de placement est donc de 100 % dans plusieurs CFP. Les PME et le secteur public (commissions scolaires et hôpitaux) les recherchent. L’ennui, c’est que ces programmes ne comptent souvent que de petites cohortes d’une dizaine de diplômés.
  • Santé : Dans tous les CFP interrogés, les programmes Assistance à la personne à domicile, Assistance à la personne en établissement de santé et Santé, assistance et soins infirmiers présentent des taux de placement frôlant 100 %.
  • Conduite de procédés de traitement de l’eau : Dans ce programme exclusif au CFP Paul-Gérin-Lajoie, le taux de placement de la cinquantaine de diplômés formés annuellement est de 100 %. Les emplois sont répartis à travers la province dans les municipalités et les entreprises manufacturières pour le traitement des eaux usées et industrielles.
  • Les CFP sondés ont mentionné des taux de placement de 100 % pour leurs diplômés issus des programmes Mécanique de véhicules lourds routiers, Mécanique d’engins de chantier, Mécanique agricole et Mécanique automobile.

 

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Dans ce dossier

• Sciences et technologies à l’avant-scène
• Enseignants recherchés
• Boum d’emplois dans les ressources naturelles
• Diplômés malgré la grève étudiante
• Le secteur manufacturier toujours vivant

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