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À l’école du BIXI

Depuis le début du mois de mai, le BIXI fait tourner les têtes dans la métropole. Le système de vélo en libre-service mis sur pied par Stationnement de Montréal compte déjà près de 6 000 abonnés. Comme si cela ne suffisait pas, le BIXI entraîne un autre bienfait, inattendu celui-là : la lutte contre le décrochage scolaire.

BIXI par-ci, BIXI par-là. L’entreprise Cyclochrome connaît la musique, puisque c’est elle qui entretient et répartit la flotte de 5 000 vélos dans 10 arrondissements montréalais.

Pour s’acquitter de cette mission, Cyclochrome a établi l’an dernier un partenariat avec l’école secondaire Père-Marquette afin d’instaurer une formation de préposé à l’entretien de vélos à l’intention des décrocheurs. Le programme comprend des cours réguliers du premier cycle du secondaire, de mécanique générale, de mécanique spécialisée pour le BIXI, de sécurité routière, de préparation au marché du travail et de service à la clientèle. Les élèves mettent leurs connaissances en pratique à l’atelier de Cyclochrome, selon la formule d’alternance travail-études (deux jours d’atelier et trois jours de cours).

«Dès le mois d’octobre, nous avons sélectionné une vingtaine d’élèves pour leur proposer ce programme», dit le directeur général de Cyclochrome, François Caron. Âgés de 16 à 18 ans, tous étaient en deuxième secondaire et risquaient de quitter le système scolaire. «Après neuf mois d’efforts, la moitié d’entre eux ont réussi leurs examens de fin d’études en juin.»

Noble cause

Avec la saison estivale, combinée au succès du BIXI, l’ouvrage ne manque pas. Dans l’atelier de l’entreprise, la bonne humeur est palpable.

«Je rêve de continuer à travailler avec mes mains. Je veux devenir massothérapeute. À la rentrée, je reprends les cours réguliers, mais je continuerai à réparer les BIXI à temps partiel», dit Tammy, devenue employée après avoir réussi la formation. Kimberley confirme aussi qu’elle aime travailler pour Cyclochrome. Cependant, elle n’écarte pas la possibilité de chercher un emploi ailleurs. Une émancipation possible puisque le programme, une attestation d’études en métier semi-spécialisé (Préposé à l’entretien de vélos), est re­connu par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Cyclochrome est née après que la Ville de Montréal eut demandé aux Corporations de développement économique communautaire (CDEC) de Montréal de former une entreprise d’économie sociale pour veiller à l’entretien de la flotte de vélos en collaboration avec Stationnement de Montréal. «C’est une façon de mettre l’économie au service de la communauté», explique François Caron. C’est la CDEC de Rosemont–Petite-Patrie qui a coordonné la création de l’entreprise, en août 2008.

De son côté, Stationnement de Montréal a une longue tradition d’aide aux décrocheurs. «Chaque année, une partie des profits tirés des parcomètres est allouée au Fonds Ville-Marie, consacré entre autres à des programmes de lutte contre le décrochage et de mentorat. Depuis 1995, 6,8 millions de dollars y ont été versés», explique le directeur des communications et du marketing de la société, Michel Philibert.

En plus de travailler à l’atelier, les raccrocheurs de Cyclochrome sillonnent la ville pour dispenser sur place les premiers secours aux BIXI mal en point. Si vous les apercevez à l’œuvre, dites-vous que la roue tourne pour eux.

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